Les quatre familles d’outils
« Application pour acteurs », « application comédien », « plateforme de casting » : le même mot recouvre quatre choses qui n’ont presque rien en commun. Les ranger dans le bon ordre règle la moitié des questions.
| Famille | À quoi ça sert | Modèle |
|---|---|---|
| Plateforme de profil Casting Workbook, Actors Access | Héberger votre fiche, vos photos et vos bandes pour que le milieu vous trouve. Les soumissions passent souvent par votre agent | Abonnement |
| Listings Backstage et similaires | Consulter des annonces publiées sur la plateforme elle-même. Offre très majoritairement américaine | Abonnement |
| Groupes Facebook | Le canal public le plus actif au Québec : figuration, courts métrages, pub locale, dernière minute | Gratuit, non filtré |
| Outils de veille Castflow | Ne publient aucun rôle : suivent les canaux qui existent déjà et ne montrent que ce qui correspond à votre profil | Variable |
Être trouvé n’est pas trouver
C’est la distinction qui manque à la plupart des comparatifs, et elle explique pourquoi des gens paient un abonnement depuis deux ans en ayant l’impression que « ça ne donne rien ».
Une plateforme de profil est un endroit où l’on est. Elle travaille pendant que vous dormez, à condition que quelqu’un vous cherche : un directeur de casting qui filtre, un agent qui monte une liste. Elle ne vous prévient de rien. Si personne ne cherche votre profil cette semaine, elle ne produit rien, et ce n’est pas une panne.
Un outil de veille fait l’inverse : il regarde à votre place ce qui a été publié, et vous prévient. Il ne vous rend pas plus visible d’un millimètre.
Les deux sont utiles et aucun ne remplace l’autre. Ce qui ne marche pas, c’est d’attendre d’une fiche qu’elle vous avertisse, ou d’une veille qu’elle vous fasse remarquer.
Et « l’application de mon agence » ?
Question fréquente et source de confusion, pour deux raisons. D’abord le vocabulaire : « agence d’artistes », « agence artistique » et « agence de talents » désignent la même chose — l’entreprise qui représente des artistes interprètes et les soumet aux directeurs de casting. Ensuite le mot « application » lui-même, employé pour deux logiciels opposés.
Une agence artistique utilise un logiciel de gestion d’agence : sa liste de talents, les appels de casting qu’elle reçoit, ses soumissions, ses suivis. C’est un outil de bureau, conçu pour les agents. Certaines agences en ouvrent une partie à leurs talents — pour tenir sa fiche à jour, répondre à une convocation, confirmer une disponibilité. Ce n’est pas un endroit où chercher des rôles : c’est là que passe le travail que l’agence vous apporte déjà.
Une application pour interprètes répond à l’autre besoin — trouver et être trouvé — et n’a rien à voir avec le fait d’avoir un agent ou non.
Castflow fait les deux, avec deux produits distincts sur la même base : un logiciel de gestion pour les agences, et une application pour les interprètes. Si votre agence utilise Castflow, ça ne vous donne pas l’application interprète, et l’inverse est vrai aussi.
Ce qui n’existe pas, et pourquoi
Trois choses qu’on cherche souvent et qui n’existent pas au Québec :
- Un catalogue complet des castings québécois. Les breakdowns partent des directeurs de casting vers quelques agences choisies ; la diffusion restreinte est voulue. Personne ne peut agréger ce qui n’est jamais publié.
- Une plateforme québécoise équivalente aux grandes américaines. Le marché est trop petit pour en soutenir une, et les plateformes nord-américaines couvrent le Canada anglophone bien mieux que le Québec francophone.
- Un outil qui vous obtient une audition. Aucun logiciel ne décide d’un casting. Ce qu’un outil peut faire, c’est vous éviter de rater l’annonce, et vous éviter de lire les quatre-vingt-dix pour cent qui ne vous concernent pas.
Toute page qui promet l’un des trois vend autre chose que ce qu’elle dit.
Comment choisir, selon où vous en êtes
- Vous débutez, pas d’agent, pas de crédits. Les canaux gratuits d’abord — agences de figuration, groupes Facebook — et du matériel : une photo actuelle, une selftape correcte. Un abonnement à une plateforme de profil à ce stade paie surtout de l’attente.
- Vous travaillez régulièrement, sans agent. C’est là que le temps de recherche coûte le plus cher, et là qu’un outil de veille change quelque chose de mesurable : la demi-heure par soir.
- Vous avez un agent. Votre agence gère la famille 1 pour vous. Il vous reste les canaux publics, que votre agent ne couvre pas et n’a pas à couvrir.
- Vous visez le marché anglophone canadien ou américain. Les plateformes nord-américaines deviennent incontournables ; c’est leur terrain.
Où se situe Castflow
Castflow est un outil de veille, famille 4. Il suit les appels publiés et ne montre à chaque personne que ceux qui correspondent à son profil, à son statut syndical et à sa région ; les projets sont triés par distance plutôt que filtrés, pour que quelqu’un en région décide lui-même si un rôle vaut deux heures de route.
Ce que ce n’est pas : ce n’est pas une agence — aucune commission, aucune représentation, personne ne parle en votre nom ; ce n’est pas une plateforme de profil — ça ne vous rend pas plus visible auprès des directeurs de casting ; et ça ne contient pas les breakdowns réservés aux agences, que personne ne peut vous donner sans agent.
C’est en français, fait au Québec, et gratuit pendant la pre-alpha.