Quatre choses différentes qu’on appelle « agence »

Le mot recouvre des métiers qui ne se remplacent pas, et s’inscrire au mauvais endroit est la première cause de découragement.

  • L’agence artistique représente des interprètes pour le jeu : fiction, télévision, cinéma, publicité, doublage. Elle reçoit les breakdowns et propose ses membres.
  • L’agence de mannequins travaille la mode, le commercial et l’image fixe. Les critères, les cachets et les contrats n’ont rien à voir avec ceux du jeu.
  • L’agence de casting — ou maison de casting — ne vous représente pas : elle est engagée par la production pour trouver des interprètes. Elle est de l’autre côté de la table. On ne « rejoint » pas une agence de casting, on s’inscrit à sa banque.
  • La maison de figuration est une agence de casting spécialisée en figuration. Inscription ouverte au public, aucun statut requis.

Une agence jeunesse est une agence artistique dont la liste est composée d’enfants et d’adolescents, avec les règles particulières qui encadrent leur travail.

Pourquoi il n’y a pas de palmarès honnête

Nous n’en publierons pas, et voici pourquoi — c’est utile de le savoir avant de lire ceux des autres.

Une agence n’a pas de performance publique mesurable : on ne sait pas combien de ses membres travaillent, ni combien ils gagnent, ni combien d’auditions elle obtient. Classer des entreprises sur des données qu’on n’a pas, c’est classer sur autre chose — la notoriété, le référencement, ou le fait d’avoir payé.

Ajoutez que la « meilleure » agence dans l’absolu est souvent la pire pour une personne donnée : plus une agence est établie, plus sa liste est complète, et moins elle a de place pour un profil de plus. Une agence plus petite qui n’a personne comme vous vous servira mieux qu’une grande où vous serez la quatrième du même type.

Piège à éviter : beaucoup de listes bien classées sur ces recherches sont françaises et non québécoises. Vérifiez toujours l’adresse avant de perdre une soirée.

Les trois vérifications qui remplacent un classement

Elles prennent une heure et écartent la quasi-totalité des mauvais choix.

  1. Le champ. L’agence travaille-t-elle ce que vous faites ? Une agence de mannequins ne vous soumettra pas à une série télé.
  2. La place. Ouvrez sa liste publique et cherchez quelqu’un comme vous — même tranche d’âge, même type, mêmes langues. Si vous en trouvez trois, l’agence n’a aucune raison économique de vous prendre ; si vous n’en trouvez aucun, écrivez-lui aujourd’hui.
  3. Le sens de l’argent. Une agence légitime est payée après, par un pourcentage de vos cachets. Tout ce qui se paie d’avance — frais de dossier importants, séance photo obligatoire chez son photographe, formation vendue comme condition d’accès — décrit une entreprise dont le client est vous, pas la production. Ce n’est pas illégal partout, mais ce n’est pas une agence.

Montréal, Québec, et les régions

La très grande majorité des agences artistiques, des maisons de casting et des tournages se concentre à Montréal. C’est un fait de marché, pas une préférence.

Dans la ville de Québec et sa région, l’écosystème est plus petit mais réel : Casting-Québec existe précisément pour permettre aux producteurs et réalisateurs d’engager des interprètes de la région à partir de fiches descriptives, et de leur donner accès aux auditions.

Ailleurs en province, la stratégie qui fonctionne est double : être inscrit aux maisons montréalaises — qui tournent en région et cherchent alors des gens sur place — et être visible localement pour les productions qui passent.

L’option que peu de gens connaissent : les regroupements

Le Québec a une institution qui n’existe nulle part ailleurs en Amérique du Nord : le regroupement d’acteurs, c’est-à-dire une association d’interprètes professionnels qui se représentent eux-mêmes.

Les principaux : Les Agents libres, fondé en 1995 et réunissant une quarantaine d’interprètes autonomes ; Double Identité, qui reçoit les breakdowns des maisons de casting et les redistribue à chacun de ses membres ; Entre Acteurs, fondé en 1997 pour donner accès aux breakdowns et aux outils de gestion de carrière sans passer par un agent ; et Les Acteurs Associés.

Le marché à comprendre : l’adhésion coûte quelques centaines de dollars par an, et en échange le membre reçoit les appels — mais fait lui-même tout le reste. Se proposer, se promouvoir, négocier ses contrats, connaître les ententes, se défendre quand elles ne sont pas respectées. C’est un vrai choix, pas un lot de consolation.

Et si vous n’avez ni agence ni regroupement

C’est la situation la plus fréquente, et de loin. Les appels existent quand même — ils circulent simplement mal : groupes Facebook, courriels, infolettres, fils privés. Dans notre étude auprès d’interprètes québécois, la grande majorité déclarait y chercher ses contrats, et décrivait la même routine du soir.

Castflow suit les projets publiés — 29 522 à ce jour — et ne montre à chaque personne que ceux qui correspondent à son profil, son statut et sa région. Nous ne sommes pas une agence : aucune commission, aucune représentation, aucune parole en votre nom.