C’est quoi, la figuration ?

Un figurant est une personne qui apparaît à l’écran sans texte : le client au fond du café, le passant sur le trottoir, l’infirmière qui traverse le couloir. Au cinéma comme à la télévision, c’est le même métier. Le rôle n’est pas nommé, il n’y a pas de réplique, et le travail consiste à rendre une scène crédible sans jamais attirer l’œil.

C’est un vrai emploi, payé, encadré, avec une feuille de temps. Ce n’est pas du bénévolat, et une production qui vous demande de payer pour y participer n’est pas une production.

La silhouette est un cran au-dessus : le figurant y a une action précise en lien avec l’histoire, parfois un mot. Le rôle parlé, lui, change de catégorie et relève d’une entente syndicale différente.

Ce que ça prend — et surtout ce que ça ne prend pas

C’est le point sur lequel presque tout le monde se trompe, alors soyons directs.

  • Aucune formation n’est exigée. Pas de conservatoire, pas de cours de théâtre, pas de cégep en interprétation.
  • Il n’est pas nécessaire d’être membre de l’UDA. On peut faire de la figuration sans aucun statut syndical. C’est même l’un des chemins par lesquels des gens finissent par y accéder.
  • Il ne faut pas d’agent. Les banques de figuration reçoivent les candidatures directement du public.
  • Il n’y a pas d’âge. Les productions cherchent des enfants, des adultes, et beaucoup de personnes de 55 ans et plus — la figuration senior est constamment en demande parce que peu de gens s’inscrivent.

Ce que ça prend, en revanche : être disponible en semaine et de jour, pouvoir se déplacer, accepter d’attendre longtemps entre deux prises, et répondre vite.

Où s’inscrire pour faire de la figuration

À qui s’adresser, exactement ? Pas à un film : on s’inscrit à une banque de figuration — une maison de casting spécialisée qui, elle, est engagée par les productions. Au Québec, les principales sont :

  • FJB Casting — Figuration Julie Breton, à Montréal, spécialisée en figuration depuis 1999 et la plus visible du lot.
  • Figuration Carole Dionne, aujourd’hui liée à MFK Casting.
  • Casting Quarters.
  • Agence Audace et Oméga Figuration.
  • Casting-Québec, pour la région de Québec, qui permet aux producteurs d’engager des interprètes de la région à partir de fiches descriptives.
  • Casting VTB, qui invite le public à s’inscrire à sa banque de candidatures.

L’inscription se fait en ligne, avec une photo. Certaines maisons sont gratuites, d’autres demandent des frais d’inscription uniques et modestes — vérifiez le montant sur leur site le jour où vous vous inscrivez, il change.

Une règle qui ne souffre pas d’exception : personne de sérieux ne vous demandera de payer une séance photo obligatoire, des frais « de dossier » de plusieurs centaines de dollars, ou une formation pour « avoir accès aux rôles ». Une maison de casting est payée par la production, pas par vous.

Comment être figurant dans un film en particulier

On cherche souvent le titre d’une série ou d’un film en cours de tournage. La réponse est presque toujours décevante et toujours la même : il n’existe pas de porte d’entrée par titre. Une production ne reçoit pas les candidatures elle-même — elle mandate une maison de figuration, qui pige dans la banque qu’elle a déjà.

Donc être figurant dans telle série, concrètement, c’est être inscrit et disponible le jour où la maison qui la dessert cherche votre profil. La seule chose sur laquelle vous avez prise, c’est d’être dans les banques et d’avoir une fiche à jour.

Combien ça paie

Le tarif dépend d’une seule chose : est-ce que la production est régie par une entente collective, et à quel titre vous y êtes engagé. Une journée de figuration sur un plateau syndiqué, une journée sur une production indépendante et une journée de silhouette ne se paient pas pareil, et les grilles sont révisées régulièrement.

Plutôt que de citer un chiffre qui sera faux dans six mois : demandez toujours, avant d’accepter, le cachet, la durée prévue, si les heures supplémentaires sont payées, et si le transport ou le stationnement est couvert. Une production sérieuse répond à ces quatre questions sans hésiter.

Les journées sont longues — souvent dix à douze heures, dont beaucoup d’attente. C’est le vrai coût du métier, plus que le tarif horaire.

Le vrai goulot d’étranglement : trouver les appels à temps

Une fois inscrit partout, le problème change de nature. Il n’est plus « comment entrer » mais « comment ne pas rater ».

Les maisons de figuration publient une grande partie de leurs demandes sur leurs propres pages et groupes Facebook. Les appels sortent à toute heure, se remplissent vite, et disparaissent dans un fil. Dans l’étude que nous avons menée auprès d’interprètes québécois, une large majorité déclarait chercher ses contrats dans des groupes Facebook — et décrivait la même routine : rafraîchir plusieurs groupes tous les soirs, au cas où.

C’est un travail de veille non payé, il s’ajoute à la journée de tout le monde, et il favorise systématiquement les gens qui ont le temps de regarder leur téléphone. C’est exactement le problème que Castflow prend en charge : nous suivons les appels publiés — 29 522 projets répertoriés à ce jour — et nous ne montrons à chaque personne que ceux qui correspondent à son profil et à sa région.